Préparé par A. TAOUINET
أيام تكويية لفائدة الأساتذة و المفتشين
المعهد الوطني لتكوين مستخدمي التربية وتحسين مستواهم بورقلة
ملاحظة: بعد المشاركة في الحصص التكوينية لتأطير الأساتذة و
المفتشين بمختلف الأطوار و التي دامت حوالي 5 سنوات أوافيكم
بما تمكنت من جمعه من الزملاء الأساتذة في هذا المجال و أقوم
بنشرها هنا بعد أن قمت بنشرها سابقا على موقع آخر لنا
نتقبل أي اقتراحات أو ملاحظات على بريدنا مع الشكر على
متابعتنا.
Réussir à l’école n’est pas une fin en soi. Certes, chaque
apprentissage prépare aux suivants dans le cursus scolaire.
Mais au bout du compte, en principe, l’élève devrait être
capable de mobiliser ses acquis scolaires en dehors de
l’école, dans des situations diverses, complexes,
imprévisibles. L’accent mis sur le réinvestissement des acquis
scolaires répond à un souci d’efficacité de l’enseignement,
d’adéquation plus grande des apprentissages scolaires aux
situations de la vie au travail et hors travail. Aujourd’hui,
cette préoccupation s’exprime dans ce qu’on appelle assez
souvent la problématique du transfert des connaissances ou de
la construction de compétences.
De nombreux pays s’orientent vers la rédaction de " socles de
compétences " associés aux principales étapes de la scolarité.
Au cours des années ‘90, la notion de compétence a inspiré une
réécriture des programmes, plus ou moins radicale, au Québec,
en France et en Belgique. Chez nous, la question commence à
être débattue, parce que l’évolution vers des cycles
d’apprentissage exige la définition d’objectifs de fin de
cycle, souvent conçus en termes de compétences.
Capacité
En pédagogie, dans le cadre de l’analyse par objectifs, la
notion de capacité est généralement constitutive de la
compétence. Selon Cardinet : en tant qu’objectif éducatif, une
capacité est une visée de formation générale, commune à
plusieurs situations ; une compétence, au contraire, est une
visée de formation globale, qui met en jeux plusieurs
capacités dans une même situation. Un schéma permet
d’illustrer cette distinction :
COMPETENCE B
Observable en situation B
COMPETENCE A
Observable en situation A
CAPACITE 1 CAPACITE 2
CAPACITE 3
Spécifique à la situation A commune,
transsituationnelle spécifique à la situation B
Pour Meirieu, une capacité est une « activité intellectuelle
stabilisée et reproductible dans des champs divers de la
connaissance », une compétence est « un savoir identifié
mettant en jeu une ou des capacités, dans un champs notionnel
ou disciplinaire déterminé ».
Certains auteurs admettent qu’une capacité est une habileté
cognitive transversale, c’est – à – dire réutilisable à
l’infini dans des contextes différents.
Pour que l’enseignant puisse enseigner des capacités
méthodologiques communes – par exemple – il faut qu’il ait
résolu le problème de transfert Ce qui signifie que soient
construites en permanence par l’enseignant des situations de
contextualisation - dé contextualisation –
recontextualisation, afin d’installer chez l’apprenant ce «
savoir-faire abstrait », acontextuel, que l’on nomme capacité.
Le concept de capacité reste très proche de script que les
psychologues cognitivistes utilisent pour désigner « des
paquets d’information pré – organisée qui permettent de faire
des inférences dans des situations stéréotypées.
Le degré de transversabilité d’une capacité dépendrait alors
du nombre de situations contextualisées qu’un apprenant
rencontre au cours de ses apprentissages, l’accès à la
généralisation se faisant par la prise de conscience de
certains invariants opératoires de la conduite dans une classe
de situations.
Pour Norbert Sillamy, la capacité est l’aptitude à faire
quelque chose, la mesure des capacités intellectuelles et
motrices est possible par l’emploi de la méthode des tests.
Grâce à elle, le psychologue peut conseiller utilement les
adolescents (apprenants) dans le choix d’un métier.
Définition du concept compétence :
Selon le dictionnaire des concepts clés en pédagogie, « la
compétence est un ensemble des comportements potentiels
(affectifs, cognitifs et psychomoteurs) qui permettent à un
individu d’exercer efficacement une activité considérée
généralement comme complexe. »
Les objectifs généraux d’une formation décrivent souvent une
compétence globale, par exemple : être capable de concevoir un
plan de formation. Cette compétence est elle-même divisée en
sous -compétences ou objectifs intermédiaires : être capable
de conduire une réunion, puis en micro – compétence ou
objectifs spécifiques : être capable d’identifier les
différents types de réunion.
La compétence est liée à un métier, à une profession, à une
situation professionnelle ou situation sociale de référence ;
à ce titre elle englobe des « savoirs, savoir faire et savoir
être », intimement liés. Dans une terminaison cognitiviste,
une compétence implique à la fois des connaissances
déclaratives, des connaissances procédurales et des attitudes.
En revanche, capacité est « une habileté transversale » une
sorte de savoir faire décontextualisé, susceptible d’être mis
en œuvre dans des situations professionnelles ou sociales très
différents.
Selon D’HAINAUT, une compétence est « un ensemble de savoir,
savoir-faire et savoir être qui permet d’exercer
convenablement un rôle, une fonction, ou une activité.
(Convenablement signifie que le traitement des situations
aboutira
Selon Perrenoud, une compétence permet de faire face
régulièrement et adéquatement à une famille de tâches et de
situations, en faisant appel à des notions, des connaissances,
des informations, des procédures, des méthodes, des techniques
ou encore à d’autres compétences, plus spécifiques. Le Boterf
assimile la compétence à un " savoir - mobiliser ".
Posséder des connaissances ou des capacités ne signifie pas
être compétent. On peut connaître des techniques ou des règles
de gestion comptable et ne pas savoir les appliquer au moment
opportun. On peut connaître les méthodes d’enseignement et ne
pas les savoirs appliquer…
Chaque jour, l’expérience montre que des personnes qui sont en
possession de connaissances ou de capacités ne savent pas les
mobiliser de façon pertinente et au moment opportun, dans une
situation de travail. L’actualisation de ce que l’on sait dans
un contexte singulier (marqué par des relations de travail,
une culture institutionnelle, des aléas, des contraintes
temporelles, des ressources…) est révélatrice du " passage " à
la compétence. Celle-ci se réalise dans l’action (Le Boterf,
1994, p. 16)
Si la compétence se manifeste dans l’action, elle n’est pas
inventée sur le champ :
· si les ressources à mobiliser font défaut, il n’y a
pas de compétence ;
· si les ressources sont présentes, mais ne sont pas
mobilisées en temps utile et à bon escient, tout se passe
comme si elles n’existaient pas.
On évoque souvent le transfert de connaissances, pour
souligner qu’il ne s’opère pas très bien On le sait
aujourd’hui : le transfert de connaissances n’est pas
automatique, il s’acquiert par l’exercice et une pratique
réflexive, dans des situations qui donnent l’occasion de
mobiliser des savoirs, de les transposer, de les combiner,
d’inventer une stratégie originale à partir de ressources qui
ne la contiennent et ne la dictent pas.
La mobilisation s’entraîne dans des situations complexes, qui
obligent à poser le problème avant de le résoudre, à repérer
les connaissances pertinentes, à les réorganiser en fonction
de la situation, à extrapoler ou combler les vides.
Parfois, les connaissances de base font défaut, notamment dans
le champ des sciences ou de la grammaire. Souvent, les notions
fondamentales ont été étudiées à l’école, mais hors de tout
contexte. Elles restent donc « lettres mortes ». C’est pour
cette raison - et non par déni des savoirs - qu’il importe de
développer des compétences dès l’école, autrement dit de lier
constamment les savoirs et leur mise en œuvre dans des
situations complexes. Cela vaut à l’intérieur des disciplines
aussi bien qu’au carrefour des disciplines.
La plupart des connaissances accumulées à l’école restent
inutiles dans la vie quotidienne, non parce qu’elles manquent
de pertinence, mais parce que les élèves ne se sont pas
exercés à s’en servir dans des situations concrètes.
L’école a toujours souhaité que les apprentissages qu’on y
fait soient utiles, mais il lui arrive souvent de perdre de
vue cette ambition globale, de se laisser prendre dans une
logique d’addition de savoirs, en faisant l’hypothèse
optimiste qu’ils finiront bien par servir à quelque chose.
Développer des compétences dès l’école n’est pas une nouvelle
mode, mais un retour aux sources, aux raisons d’être de
l’institution scolaire.
L’accumulation de savoirs décontextualisés ne profite
véritablement qu’à ceux qui auront le privilège de les
approfondir durant des études longues ou une formation
professionnelle, de contextualiser certaines d’entre eux et de
s’entraîner à s’en servir pour résoudre des problèmes et
prendre des décisions. C’est cette fatalité que l’approche par
compétences met en question, au nom des intérêts du plus grand
nombre.
L’enseignant et l’élève et l’approche par compétence
1. L’enseignant : L’approche par compétence amène le personnel
enseignant à travailler sur des situations - problèmes dans le
cadre d’une pédagogie du projet, en même temps qu’elle demande
aux élèves d’être actifs et engagés dans leurs apprentissages.
En travaillant par compétences, on transforme considérablement
le métier d’enseignant.
Travailler par situations -problèmes
On ne pousse un élève à construire des compétences qu’en le
confrontant régulièrement, intensivement, à des situations -
problèmes relativement complexes, qui mobilisent divers types
de ressources cognitives. Sans doute est-il raisonnable de les
travailler jusqu’à un certain point séparément, (à la manière
dont un athlète entraîne divers gestes isolés avant de les
intégrer à une conduite globale. Il demeure qu’au bout du
compte, leur intégration exigera des situations - problèmes
complexes et réalistes) (Meirieu, 1989).
Une situation - problème n’est pas une situation didactique
quelconque, car elle doit placer l’apprenant devant une série
de décisions à prendre pour atteindre un objectif qu’il a
lui-même choisi ou qu’on lui a proposé, voire assigné.
Pragmatique ne signifie pas utilitariste : on peut se donner
comme projet de comprendre l’origine de la vie autant que de
lancer une fusée, d’inventer un scénario ou une machine à
coudre.
On ne peut attendre d’un professeur qu’il imagine et fabrique
à lui seul, à jet continu, des situations - problèmes toutes
plus passionnantes et pertinentes les unes que les autres. Il
importe donc que les éditeurs ou les services de didactique
mettent à sa disposition des idées de situations, des pistes
méthodologiques et des matériaux adéquats.
Le pire serait de retrouver à la place des exercices scolaires
traditionnels des situations - problèmes aussi stéréotypées,
sorte de " prêt – à - enseigner " d’un genre nouveau, mais
aussi artificielles et souvent dénuées de sens pour les
élèves.
Une planification souple
On ne peut enseigner par compétences en sachant en août ce
qu’on traitera en décembre. Cela dépendra du niveau et de
l’implication des élèves, des projets qui auront pris corps,
de la dynamique du groupe - classe ou de sous-groupes. Cela
dépendra surtout des événements précédents, car les situations
- problèmes en engendrent d’autres. Il est certes possible et
sans doute nécessaire de couper court à certaines suites et de
repartir d’un tout autre point.
Un autre contrat didactique
Dans une pédagogie centrées sur les savoirs, le contrat de
l’élève est d’écouter, de tenter de comprendre, de faire
consciencieusement ses exercices et de restituer ses acquis
dans le cadre de tests de connaissance papier - crayon, le
plus souvent individuels et notés.
Dans une pédagogie des situations - problèmes, le rôle de
l’élève est de s’impliquer, de participer à un effort
collectif pour réaliser un projet et construire, par la même
occasion, de nouvelles compétences. Il a droit aux essais et
aux erreurs. Il est invité à faire part de ses doutes, à
expliciter ses raisonnements, à prendre conscience de ses
façons de comprendre, de mémoriser, de communiquer. On lui
demande en quelque sorte, dans le cadre de son métier d’élève,
de devenir un praticien réflexif (Schön, 1983,1987, 1991). On
l’invite à un exercice constant de métacognition et de
métacommunication.
Une évaluation différente
Cette transformation du contrat didactique suggère déjà que
l’évaluation formative s’intègre presque " naturellement " à
la gestion collective des situations-problèmes. La source du
feed-back varie : c’est parfois le professeur ou un autre
élève, mais c’est souvent la réalité elle-même qui résiste et
dément les pronostics. L’engagement dans un projet conduit
inévitablement à travailler sur des objectifs-obstacles, de
préférence de façon différenciée, parce que tous les élèves ne
sont pas confrontés aux mêmes tâches, parce que tous ne
rencontrent pas les mêmes obstacles.
Quant à l’évaluation certificative, elle doit inévitablement
s’exercer dans le cadre de situations-problèmes de même
structure que celles qui s’incarnent dans les situations
d’enseignement-apprentissage. Dans la mesure où les formes
d’évaluation certificatives influencent considérablement le
travail scolaire quotidien et les stratégies des élèves, il
est clair qu’une évaluation centrée sur des connaissances
décontextualisées ruinerait toute approche par compétences.
l’élève :
Engagement
On ne construit des compétences qu’en affrontant de vrais
obstacles, dans une démarche de projet ou de résolution de
problèmes. Or, comme le dit parfois Philippe Meirieu, chacun
voudrait savoir, mais pas forcément apprendre. Pour persévérer
face à l’obstacle plutôt que de le contourner ou de renoncer
au projet, il faut plus que la motivation scolaire
traditionnelle, mélange de désir de bien faire, de plaire, de
ne pas avoir d’ennuis…
La démarche orientée vers la formation de compétence exige de
l’élève une beaucoup plus forte implication dans la tâche. Non
seulement une présence physique et mentale effective, requise
par les autres élèves autant que par l’enseignant, mais un
investissement impliquant imagination, ingéniosité, suite dans
les idées, etc.
Cela modifie considérablement le contrat didactique et
interdit à l’élève de se replier aussi facilement dans une
prudente passivité.
Transparence
Le travail scolaire traditionnel encourage à ne présenter que
des résultats, alors que l’approche par compétences rend
visibles les processus, les rythmes et les façons de penser et
d’agir. L’élève est beaucoup moins protégé et le jugement des
autres ne porte pas sur son classement en vertu de normes
d’excellence abstraites, mais sur sa contribution concrète à
l’avancement du travail collectif. Le jeu du chat et de la
souris qui se jouent traditionnellement entre maîtres et
élèves, notamment au moment de l’évaluation, n’a pas de sens
dans le cadre d’une tâche collective (Perrenoud, 1984).
Coopération
Une approche par compétences ne permet pas de se retirer sous
sa tente, même pour bien travailler. Un projet d’envergure ou
un problème complexe mobilisent d’ordinaire un groupe, font
appel à diverses habiletés, dans le cadre d’une division du
travail, mais aussi d’une coordination des tâches des uns et
des autres. Pour certains élèves, cela représente une rupture
avec leur façon de vivre l’école et peut-être de se protéger
des autres. L’image que donnent les adultes qu’ils côtoient
peut affaiblir la crédibilité de l’appel à la coopération : "
Faites comme je dis… "
Ténacité
Les exercices scolaires traditionnels sont des épisodes sans
lendemain. Fais ou inachevés, justes ou faux, ils " passent à
la trappe " assez vite, pour être remplacés par d’autres. Dans
une démarche de projet, l’investissement est à plus long
terme, on demande aux élèves de ne pas perdre de vue
l’objectif et de différer leurs satisfactions jusqu’à
l’aboutissement final, parfois plusieurs jours ou plusieurs
semaines plus tard.
Responsabilité
Alors que les exercices scolaires sont sans conséquences pour
autrui, une approche par compétences s’attaque à de vrais
problèmes, dans la " vraie vie ", et concerne souvent des gens
qui n’appartiennent pas à la classe, comme destinataires du
projet ou personnes-ressources dont la coopération est
essentielle. Les pédagogies du projet vont dans ce sens.
L’élève prend donc des responsabilités nouvelles vis-à-vis de
tiers.
Il en assume aussi à l’égard de ses camarades, car si on ne
peut pas compter sur lui, s’il abandonne le navire en cours de
route, s’il ne fait pas sa part du travail, cela handicape
l’ensemble du groupe. Alors que l’élève qui ne fait pas ses
exercices ou ses devoirs à domicile ne nuit qu’à lui-même,
l’approche par compétences l’insère dans un tissu de
solidarités qui limitent sa liberté.
Quelques facteurs de résistance
1. La justification de la réforme n’est pas suffisamment
explicite ou convaincante.
2. L’approche par compétences est comprise très diversement et
parfois pas comprise du tout.
3. Lorsque ce qu’on comprend apparaît très proche, avec
d’autres mots, de ce qu’on fait déjà, on se dit " Beaucoup de
bruit pour rien ".
4. Lorsqu’au contraire cela semble une révolution, on demande
à voir la preuve que c’est plus efficace. Or, cette preuve est
souvent discutable et fragile, des expériences à petite
échelle n’emportent pas l’adhésion.
5. Les conditions de faisabilité optimale apparaissent
rarement toutes réunies : information, formation, temps,
moyens matériels et pédagogiques, bonne volonté des usagers,
continuité des politiques publiques.
6. Il est rare que la majorité des enseignants se soit sentie
consultée et associée au processus de décision.
Stratégie de changement
a. On ne change pas très vite, il faut prendre le temps
nécessaire au changement des attitudes, des représentations,
des pratiques.
b. On ne change pas tout seul, il faut entrer dans une
démarche collective.
c. On ne change pas sans ambivalences ni conflits.
d. On ne change pas dans la peur ou la souffrance, pas plus
que dans l’indifférence.
On le voit, toute réforme s’appuie sur un état du processus de
professionnalisation et peut y contribuer, ou au contraire le
faire régresser, selon l’attitude des réformateurs.
Habileté à communiquer de façon efficace en émettant ou en
décodant des messages transmis par une variété de moyens
écrits, technologiques, audiovisuels.
Capacité d’analyse et ce qu’elle connote comme capacité de
raisonner et de penser clairement.
